-Artes, où nous trouvons-nous?
-Nous nous approchons du système solaire, répondit ''l'interpellé''
- Quelle est l'état du vaisseau? Est-ce que tout est en ordre?
-Oui tout va très bien. Mais j'ai remarqué que les parois extérieures commençaient à s'abîmer un tout petit peu, informa Artes au plus âgé des coéquipiers de ce long voyage.
A vrai dire, en ce moment même, le vaisseau se trouvait à plus de cinquante années lumières du soleil, mais cela n'empêchait qu'ils étaient proches, très proches. Surtout que la machine avançait à une vitesse fulgurante. Encore une vingtaine d'années humaines, et leur vrai but serait enfin atteint. Depuis toujours ils avaient voulu rencontrer des êtres comme eux, ou presque comme eux. Et ils avaient trouvé plusieurs endroits où des être intelligents y résidaient mais ils était peu en nombre. Et un jour, il découvrirent ce qu'ils voulaient depuis la nuit des temps; la planète dite Terre regorgeait de ces êtres intelligents appelés humains. Malheureusement, cette planète bleue se trouvait beaucoup trop loin. Et on n'avait eut d'autre choix que de choisir les plus jeunes, aptes à voyager pendant presque leur vie entière jusqu'à atteindre cette Terre. Cependant il fallait bien qu'un plus âgé accompagne ces jeunes sans grande expérience, qu'il les guide et surtout qu'il les conseille. Mais ils étaient tous conscient qu'à tout moment, leur guide pouvait juste les lâcher et s'éteindre comme si de rien n'était, d'un seul et unique coup.
Dans le vaisseau, ils étaient au nombre de quarante, et malgré la taille menue de la machine, il y avait de la place pour encore une trentaine de voyageurs, sans pour autant que le confort ne soit limité.
-Will, ''s'écria'' Artes. Tu viens m'aider, s'il te plaît?
Doucement, le dit Will ouvrit les yeux et regarda en direction de son ami depuis maintenant plus de cent cinquante ans. Pour être franc, ça le faisait chier de se lever. Il était entrain de se recharger. Ne pouvait-il donc pas avoir un moment de tranquillité, s'était-t-il demandé en faisant attention que personne ne l'entende. Derrière lui, une installation d'environ cent prises le reliait à sa tête, par où le courant passait. Le ''crâne'' était recouvert de câbles en tous genres, chacun servant à une fonction précise. Une seule erreur et tout son système était bousillé et il pouvait dire adieu à ses coéquipiers ainsi qu'à son existence. Au devant, sur son front, se trouvait une grande ouverture qui pouvait accueillir Tout objet pouvant transmettre des informations utiles. Parce que les êtres de son espèce ne connaissaient pas la lecture, ni l'écriture. Cela n'existait pas dans leur monde. Tout passait par la voie énergétique et électrique.
Will était sur le point de continuer sa cession de rechargement, mais Artes, n'étant pas de cet avis le rappela une fois de plus, l'empêchant de se déconnecter.
-Will! J'ai vraiment besoin de toi, le supplia-t-il, mais ne se reçut qu'un vent monumental de la part don son ami. Howilt! Bouge-toi où sinon je te fait venir par mes propres moyens!
La menace eut effet sur le concerné. Il connaissait très bien comment son compagnon de toujours s'y prenait pour avoir ce qu'il fallait. Et c'était bien trop douloureux pour désobéir. Alors à contre c½ur, il fit débrancher les câbles et se leva lentement.
-Qu'est-ce que tu veux d'moi, bougonna-t-il.
-Trouves-moi toutes les caractéristique de la Terre, répondit Artes, concentré sur le pilotage du vaisseau.
-Quoi? Déjà? s'étonna Will. Mais on est trop loin! Je n'arriverai jamais à capter cette information! Pas à cette distance.
-Will, j'ai pas le choix! Il faut bien que je sache comment elle est fichue, cette Terre. Peut-être que c'est comme l'autre qui n'a pas de sol et sur laquelle on pouvait pas poser le pied et qu'on était condamné à observer ce qu'il s'y passait sans pouvoir vraiment communiquer!
Howilt soupira fortement, et tenta tout de même de capter tout de même quelques informations depuis les satellites qui tournaient autour de la planète bleue, sans résultats. Il réessaya à plusieurs reprises, mais la seule chose qu'il recevait fut le silence.
-Désolé, mais il n'y a rien.
-En est-tu sûr, demanda Artes, qui avait de la peine à croire.
-Vérifie par toi-même si tu ne me crois pas, rétorqua Will. Je peux faire autre chose pour toi, demanda-t-il quand même.
-Si tu voulais juste prendre les commandes pendant quelques instants, le temps de me recharger un peu...
Howilt, n'eut le choix que d'accepter à la requête et donc se posta à ses côtés et se mit à faire le travail, alors qu'Artes c'était enlevé et installé à l'ancienne place qu'occupait son ami. Ce dernier ce mit à pester mentalement contre Artes, le traitant de tous les noms possible jusqu'à ce que...
-Will, quand tu insultes les autres, essaye de garde ça pour toi. Nous n'avons pas besoin de bagarres, merci, rigola Artes avant de fermer les yeux.
C'était officiel. Howilt détestait plus que tout, la télépathie.
Et cela ne durait pas depuis hier. Depuis son ''enfance'' (si on peux l'appeler comme ça), il n'arrivait pas à garder ses propres pensée pour lui. Ça a toujours été son défaut de ''naissance''. Dans son monde, sur sa planète. Les gens ne communiquaient que par la pensée, ou la télépathie comme l'appellent les humains. Ils ne possédaient pas de bouche, et en conséquence pas de cordes vocales. Les pensées étaient transmises encore et toujours pas des ondes électromagnétiques. Et normalement, il existait une fonction dans l'arrière du crâne qui permettait de bloquer les ondes, qu'elles ne restent que dans sa propre tête. C'était cette fonction là qu'était défectueuse. Elle refusait parfois de s'actionner, ce qui faisait que n'importe qui pouvait entendre ce qu'il se disait sans aucun souci. Et malgré tous les traitements, le problème n'avait pu être réparé. Alors il avait décidé d'abandonner tout simplement. Il devait par contre faire attention à ce qui lui passait par la tête. C'est pour ça qu'il était du genre solitaire. Il aimait plus que tout retrouver cette intimité. Pouvoir penser tout ce qu'il voulait sans que les autres n'aient à écouter. Et une des meilleures solution était quand il se rechargeait, connecté aux cent prises et à son ''cerveau'' extérieur où il pouvait stoker toutes les informations, ainsi que ses pensées. Il prenait aussi du temps pour revoir ses souvenirs, toutes les aventures qu'il eut vécu un temps, les belles expériences et parfois il se demandait si un jour il pourrait vivre une expérience unique en son genre. Une de ses expériences qui marquerait son existence jusqu'à la fin, celle qui ne pourrait oublier malgré toutes les informations qu'il devait contenir dans sa tête. Il en rêvait depuis longtemps, depuis qu'il était parti faire ce long voyage...
... Il y a de cela deux cents ans.
En deux cents ans, il en avait vu des choses. Il avait même su qu'un ''genre'' existait. Le dit masculin et féminin. Chose qui n'existait non plus chez lui. Ils étaient tous égaux. Il n'y avait aucune différence, et il était toujours intrigué de la cause de cette séparation.
Là, il regardait devant lui, et ne voyait qu'une étendue de points blancs de taille différentes. Les étoiles étaient belles, et le vaisseau passait tout près d'elles et Howilt ne pouvait s'empêcher de les trouver belles, fascinantes. Il voulait s'approcher encore plus, les toucher du bout de ses ''doigts''. Mais il les dépassait si rapidement qu'il n'avait le temps de les observer dans les moindres détails. Ils n'avaient pas de temps à perdre. Leur grand guide était entrain de vivre ses derniers moments. Ils devaient se dépêcher. C'était le plus grand rêve du sage. Depuis qu'ils avaient découvert un immense territoire habité par plus de six milliards d'êtres intelligents, ils voulaient que ce soit la dernière chose qu'il eût vu avant de s'éteindre définitivement. Automatiquement, Will accéléra, comme si cela lui semblait une évidence.
Alors qu'il regardait toujours à l'extérieur, le ''jeune Horéïte'' se remémora une anecdote qui avait eu lieu de cela quelques semaines auparavant.
-Howilt! Fais attention, lui avait crié une voix dans la tête et il avait aperçu un météorite qui se dirigeait droit sur eux.
Il lui avait fallut un millième de seconde pour que tout le système qui faisait vivre le pilote ne fut en alerte. Ses ''doigts'' s'étaient crispés sur son siège. A l'intérieur, le circuit chauffait à trouver une idée. La roche faisait au moins 5 fois la taille du vaisseau, et prendre une décision de cette importance était difficile. Alors avait tenté de réveiller Artes, qui était une fois de plus en train de se reposer, alors que les autres paniquaient, mais celui-ci était tellement loin dans son rechargement qu'il était quasi impossible de pénétrer dans sa tête. Will criait mentalement, appelait désespérément son ami alors qu'il tentait de changer la direction du vaisseau beaucoup trop lourd pour que le changement soit effectué à la seconde. Constatant le manque de réaction, il avait demandé à quelques voyageurs de retirer les câbles des prises. Normalement, interrompre manuellement le chargement de quelqu'un était interdit, risquant de tuer le concerné. On ne le faisait qu'en cas d'urgence...
Et c'était une urgence!
Will essayait toujours. Il avait même tenté de détruire le météorite, sans grand succès. Il était secoué de spasmes irréguliers. La vie de trente-neuf Horéïtes était entre ses mains tremblantes.
-Will, au dessus de ta tête, lui avait indiqué une voix lointaine. Cherche une petite corde noire, mais dépêche-toi.
Le pilote avait comprit qu'Artes s'était réveillé, mais il n'était pas en état de bouger. Alors il chercha la petite corde noire, la trouva et instinctivement, tira dessus, mais ne se passa rien.
-Artes, demanda-t-il. Tu es sûr de ce que tu dis?
-Mais oui, lui avait répondu la voix, je connais mieux la machine que toi.
En effet, le vaisseau c'était mis à accélérer, s'approchant dangereusement du météorite. De peur Will avait hurlé le prénom de son ami de telle manière que tout le monde se turent et le regardèrent, choqués.
-Will c'est bon, je suis en pleine Forme, l'interrompit Artes dans ses souvenirs.
-Ah, tu t'es enfin réveillé?
-Ouais et je suis prêt à reprendre mon post!
Alors Will se leva paresseusement de la chaise fort inconfortable, se posa devant l'installation de chargement et s'assit sur le fauteuil. Les câbles allèrent d'eux mêmes se brancher sur les prises. Doucement ses yeux se fermèrent, les moteurs s'arrêtèrent et la lumière émanant de son corps s'éteint d'un coup. Dans quelques jours, il pourrait revenir parmi les autres. Pour l'instant tout contact avec autrui était quasi impossible.
Xx
-T'as enfin les Coordonnées, demanda Artes.
-Oui, tu mémorises, répond Will.
-Je t'écoute.
-Superficie: 510 067 420 km². Volume: 1,08321×1012 km³
-Wow wow wow, l'interrompit Artes. Moins vite, s'il te plaît.
Le vaisseau c'était bien approché du système solaire. On pouvait l'apercevoir même s'il était encore très petit. Howilt captait les informations nécessaires à son ami pour l'atterrissage, si ce dernier était possible. Il s'avéra, que la planète était solide, la température ambiante était fort agréable et surtout, qu'il existait une source importante pour la vie, à par l'oxygène, appelée eau. Une bonne dizaine D'Horéïtes écoutaient avec intérêt la conversation entre les deux coéquipiers. Véidra, le plus âgé de tous observait le travail des deux jeunes qu'il avait formé tout au cours de cet immense voyage. Et il en était fier. Ils faisaient ce qu'ils devaient à la perfection. C'était la dernière mission à laquelle le conseiller participait, et il n'avait plus peur, parce que l'équipe était entre de bonnes mains.
-En combien de temps elle tourne sur elle-même, demanda Artes, le grand câble attaché sur son front, reliant son système avec la mémoire de vaisseau.
-0,99726949 d, répondit automatiquement Howilt. Tu veux en temps humain ?
Oui, Veidra, pouvait vraiment dire qu'il avait fait du bon travail. Il se retourna et quitta la salle de commande pour aller se réfugier dans sa pièce secrète.
Xx
-Dis, commença doucement Will qui faisait compagnie comme à son habitude à son ami-pilote.
-Hm ? répondit ce dernier.
-Tu crois qu'on verra quoi sur la Terre ?
Artes regarda furtivement son compagnon avant de se re-concentrer sur le chemin. Qu'est-ce qu'ils allaient voir ? Il n'en avait pas la moindre idée. Il avait tout connu. A chaque fois qu'il visitait une communauté il se disait qu'il ne verrait pas plus fascinant et à chaque nouvelle population rencontrée, il était encore plus fasciné. C'était très différent des leur monde. Les Horéïtes étaient des êtres, mécaniques. Ils avaient le don de communiquer, de bouger, d'aider en cas de besoin. Ils pouvaient décider pour eux même, mais seulement à partir d'un certain âge, sinon ils en étaient juste incapables. Ils n'avaient pas besoin de respirer ou de communiquer par la voie orale et donc, ne possédaient ni bouche ni nez. Un autre ''défaut'' chez eux, étaient le manque diversité des sentiments. Les Horéïtes ne connaissaient quelque uns seulement : la joie, la tristesse, la colère, l'affection, la peur et le plus grand et important, l'indifférence. C'est les seuls sentiments qu'ils vivaient, les principaux. Au fil de leur voyage ils en avaient vu d'autres ; ils ont été confrontés pour la première fois à la mélancolie, la nostalgie et même le dégoût. C'était quelque chose d'assez beau à voir.
Cette fois Artes ne savait pas à quoi s'attendre. Mais il voulait être surpris. Surtout que la Terre était la plus grande planète qu'ils visitaient depuis le début. Au fon de lui, il espérait fortement que ce serait la plus belle expérience.
-Alors, demanda Howilt.
-Je sais pas, chuchota Artes. Mais je suis sûr que ce sera époustouflant.
-Je l'espère, dit en retour Will. Je veux, juste...vivre la meilleure chose de mon existence.
-Peut-être que c'est déjà le cas, suggéra Artes en haussant les épaules.
-Non. Ce n'est pas le cas. C'est juste impossible.
Il en était certain et quelque chose lui disait que ce serait exactement sur cette Planète qu'il vivrait ce moment intense. Il le savait, et il n'avait plus qu'à attendre 10 années humaines pour découvrir ce monde excitant.
-Impossible, murmura-t-il une seconde fois pour lui-même, bien qu'Artes l'eut entendu.
Xx
L'hiver approchait à grands pas, et le froid commençait à se manifester, lentement mais sûrement. Le vent se levait et brûlait les visages. Dans les maisons, les chauffages étaient allumés et dans les cheminées, un bon feu crépitait et au pied de celle-ci, les chats dormaient paisiblement. L'heure n'était pas tardive, mais le soleil s'était depuis longtemps caché derrière les montagnes, laissant place à la lune argentée, froide, comme l'atmosphère. D'ailleurs Simone le remarqua et elle observa à travers la fenêtre de la cuisine son fils, qui, comme à son habitude restait dehors le plus longtemps possible. Et bien sûr, il ne portait aucune veste. La jeune maman soupira et secouant la tête, sortit de la pièce, alla à l'entrée, prit une bonne jaquette et sortit dehors. Elle repéra rapidement le petit garçonnet observant une fois de plus le ciel découvert. Elle se rapprocha de lui, posa la jaquette sur ses épaules et lui demanda :
-Chéri, qu fais-tu dans ce froid, hm ?
-Je cherche les vaisseaux spatiaux des martiens, s'exclama le garçon en retour.
La mère rit de bon c½ur et câlina son petit bout de chou jusqu'à ce que le petit n'ait commencé à protester.
-Maman, grogna-t-il. Les martiens vont s'en aller ! Je veux les voir !
Simon sourit et ébouriffa les cheveux blonds de sont petit garçonnet qui grogna un « mama-a-an », faisant comprendre qu'elle était de trop.
-Allez, je vois que je dérange, dis-t-elle faussement triste. Reste pas trop longtemps ! Tu vas attraper froid, et ce n'est pas tes martiens qui vont te soigner.
-Oui maman, dit le petit garçon sans avoir vraiment écouté ce que sa mère lui avait dit.
Il retourna à sa contemplation du ciel noir décoré par les étoiles et la lune. Et il cherchait en vain le signe d'un martien. Une lumière, un clignotement un bruit quelconque. Mais rien. Il ne vit que quelques étoiles filantes et deux trois satellites passant à une grande vitesse par-dessus sa tête. Mais rien qui ressemblerait à un signe des petits hommes verts.
Désespéré, il souffla, se leva du petit muret et rentra au chaud. Il était déjà l'heure d'aller au lit. Il monta à l'étage et entra dans sa chambre. Il enleva sa veste et la jeta dans un coin de la pièce. Il ne savait pas quoi faire, et il avait encore un peu de temps avant de commencer à se préparer pour dormir. Alors il décida d'aller exercer une dernière fois la chanson qu'il avait à maîtriser pour son prochain cours de piano. Il s'assit sur la chaise, et commença à jouer lentement, correctement. Et il la refit, jusqu'à ce qu'il pût se passer de ces ''fichues partitions encombrantes''.
Quand il eut terminé, le petit descendit de sa chaise et alla dans la salle de bain se laver les dents. A ce moment Simone arriva pour l'aider à enfiler son pyjama.
-Alors, as-tu vu tes amis, les martiens ?
-Non, répondit-il, toujours en se brossant les dents.
-Oh, c'est dommage, répliqua-t-elle, tristement. Et que veux-tu pour ton anniversaire, lui demanda-t-elle, plus enthousiaste.
-Un chba !
-Un quoi, redemanda Simone.
-Un chat, répéta-t-il après avoir fini de se brosser les dents.
Simone soupira fortement alors qu'elle enfilait le haut du pyjama.
-Chéri, on en a déjà reparlé. Tu sais bien qu'on ne peut pas en avoir.
-Mais moi je veux en avoir un, des minous, chouina le petit garçon, la mine déconfite, prêt à s'effondrer en larmes sur le carrelage.
-On en reparlera plus tard, finit-elle par dire, sachant d'avance que la semaine prochaine elle devrait s'occuper, en plus de son mari et de son enfant, d'un sale matou.
Elle finit vite de préparer son garçon pour dormir. Les deux rentrèrent da la chambre de l'enfant ce dernier s'installa sous les couettes et sa mère lui lut une petite histoire... Toujours sur les martiens. Quand elle eut fermé le bouquin, le garçonnet dormait à poings fermés, rêvant de ses amis, les petits hommes verts.
Et quelque part dans le ciel noir... ces mêmes petits hommes verts guettaient le bon moment pour arriver.
Xx
Les quarante Horéïtes était assemblés autour du pilote. Le vaisseau venait d'entrer dans l'exosphère. Tous s'exclamaient. Il ne restait plus que cinquante mille kilomètres à traverser pour toucher la surface du sol. La Terre était vraiment belle, magnifique, pensèrent certains. Tout ce bleu, et ce blanc qui recouvrait une partie du globe dans de belles arabesques. Et il y avait aussi cette terre, ce sol précieux. Ils avaient hâte de poser enfin les pieds sur quelque chose de plus sûr qu'un plancher large de plus de deux mètres.
-Tu crois que ce sont les humains qui ont fait tout ça, demanda un à son voisin.
-Non, Ce serait trop beau pour être vrai, répondit le voisin en question, son ''esprit'' immergé par ce beau paysage.
Veidra, de son côté, préparait le matériel d'étude habituel. Chaque Horéïte avait à sa disposition une antenne ainsi qu'un appareil permettant de garder contact entre coéquipiers à plus de deux cent kilomètres. C'était souvent utile. Beaucoup se perdaient dans cette ''jungle'' inconnue.
L'Ancien sortit aussi une sorte de mémoire externe pour chacun. Il était conscient que c'était la plus grosse expédition qu'ils avaient faite jusqu'à ce jour, et que donc ils avaient besoin de plus d'espace pour mémoriser les informations. Il prépara aussi une installation de chargement portable et digitale. Tout ce la fut placé dans quarante boîtes de la taille d'une boîte d'allumettes. Légères et faciles à transporter.
Sa dernière mission, pensa-t-il avec joie, avec une pincée de tristesse. Veidra alla rejoindre ses trente neuf ''élèves''.
-Tout ce passe bien, demanda-t-il.
-Parfaitement bien même, s'exclama Artes, joyeux.
-Et Will, que se passe-t-il sur la terre ?
Mais Will ne répondit pas. Il écoutait ce qu'il captait des satellites artificiels, et il devinait déjà que ce qui se trouvait cinquante mille kilomètres, devait être la chose la plus extra ordinaire qu'il ait vue. Jamais il n'avait pu capter autant d'informations depuis une telle distance.
« Buonasera, ecco le previsione del tempo per domani... »
Will écoutait avec attention mais il ne comprenait absolument pas un mot de ce qu'il entendait. Quelque chose de tout a fait normal.
« I... I don't know what I'm supposed to tell you right now. I'm... I mean I... I'm really confused. I just can't have a normal reaction...
-What... What the hell is wrong with me? ... »
-Oh ben ça alors, murmura-t-il doucement en bloquant tout contact avec le monde qui l'attendait en bas.
-Qu'y a-t-il, Will ? demanda Veidra. Qu'as-tu capté ?
-Beaucoup trop de choses d'un coup, répondit-il. C'est mélangé. Il y a plusieurs langages. Je n'ai réussi à en capter seulement deux. Et elles n'avaient rien en commun. Du moins à première écoute. Artes, appela-t-il.
-Hm ?
-Tu peux juste, accélérer, s'il te plaît ?
-Pressé, se moqua gentiment Artes.
-Bien plus que tu ne le crois, répondit Will, avant de replonger dans le monde des humains avec hâte.
Xx
-Hey, mec, lui cria une voix de l'autre côté du téléphone.
-Bordel, Georg, grogna-t-il frustré. Qu'est-ce tu veux ?
-Je te dérange, demanda Georg.
-Ouais et pas qu'un peu, grogna-t-il une fois de plus. Tu pouvais pas juste appeler une autre fois, hein ?
-Excuse-moi ! Je suis pas sensé savoir quand tu fourres ta queue dans un vagin ou je ne sais où, merde, s'anima l'ami.
-Okay c'pas grave, qu'est-ce que tu voulais.
-Laisse tomber je t'appellerai une autre fois, marmonna Georg.
-Non tu viens d'appeler alors maintenant tu me dis ce qu'il y a, s'énerva le jeune homme.
-Tom, soupira Georg, juste fini ce que tu étais entrain de faire, ça peut attendre, okay ? Allez, bye.
« Bip...Bip...Bip. »
-Enfoiré, grogna-t-il une troisième fois avant de gémir fortement.
Parce que oui, il était un peu occupé quand son ami d'enfance l'avait cherché par téléphone. Il était en compagnie d'une jolie jeune femme, qui montrait ses talents. Et Tom devait l'avouer, elle était particulièrement douée de sa bouche qui, en ce moment même s'occupait d'une partie bien précise de l'anatomie du jeune homme. On était le samedi soir, quatre jours avant son vingtième anniversaire, et il y avait cette fête chez Aurélia, LA fille qu'il fallait connaître et être bon ami avec. Elle était réputée pour ses soirées légendaires. En l'occurrence celle-ci avait été donnée pour dire adieu aux belles vacances d'été qui allaient manquer à tout le monde sans exception. Bien sûr, Tom avait logiquement été invité. Aurélia avait le béguin pour lui. Elle l'avait toujours eu. Tom en était navré, parce qu'il ne lui trouvait rien de spécial il la considérait comme une bonne camarade de classe, rien d'autre.
La fille qui s'occupait de lui accéléra ses mouvements, sa bouche se mouvant avec facilité sur le membre dur de Tom. Et il ne put se retenir. Le plaisir avait été trop fort et il avait atteint l'orgasme. Il pouvait dire adieu à sa partie de jambes en l'air. Quelques instants plu tard, il quitta la chambre ainsi que la fête.
Tom rentrait à pieds, il avait bu quelques vers, mais rien de sérieux, il n'était de loin pas ivre. Tom aimait le silence après la fête, marcher dans a nature après avoir respiré pendant des heures la fumée des cigarettes et des bédos qui lui donnaient mal à la tête. Il aimait quand il n'entendait rien d'autre que le bruit de ses pas, ça le relaxait. Alors il marchait, où ses jambes l'emportaient. Et d'un coup, il se souvint de l'appel de son vieil ami, Georg. Il sortit son téléphone de sa poche et regarda l'heure : vingt-trois heures trente. Il était relativement tôt et son ami n'était certainement pas entrain de dormir. Il composa son numéro et attendit que quelqu'un décroche.
-Ah ça y est ? T'as fini de faire des bébés ?
-Je t'emmerde, Georg, dit Tom en riant. Bon, qu'est-ce que tu voulais ?
-Eh bien je voulais te dire qu'on a un sérieux problème avec le conservatoire.
-Comment ça, Tom fronça les sourcils en écoutant Georg.
Une lumière bleu gris, très nette vint titiller l'½il droit de Tom, et instinctivement, il se tourna pour voir d'où elle provenait. Ce qu'il vit était impressionnant.
-Ben, ce matin j'ai reçu une lettre comme quoi nous devions composer une chanson pour la nouvelle année scolaire...
-Et alors, demanda Tom n'ayant pas bien écouté ce que Georg disait.
La forêt entière se dessinait sur un fond bleu gris net. La lumière était vraiment vive. Le moindre détail des branches des arbres, ainsi que les feuilles et les aiguilles des quelques conifères se voyaient à la perfection. Intrigué, Tom décida de vérifier ce qu'il se passait il avait toujours Georg qui lui parlait.
-Et alors ? Et alors ? C'est tout ce que tu trouves à dire, s'énerva le jeune homme. Est-ce que tu te rends compte que la rentrée, c'est Lundi ? Et qu'au conservatoire on commence mercredi ? Tom On n'a même pas une semaine pour créer une chanson !
Tom n'écoutait vraiment pas. Chaque pas qu'il faisait en avant lui faisait peur, et il ne savait pourquoi. L'instinct de survie, pensa-t-il. Il avait toujours le téléphone à son oreille, et quelque part ça le rassurait d'entendre la voix de son meilleur ami. Les branches sèches craquaient sous ses pieds et il continuait, de la sueur perlait sur son front. Ses membres tremblaient.
-Ou... Ouais je me rends compte... On pourrait peut-être prendre un de nos vieilles chansons qu'on n'a jamais montré à personne, suggéra-t-il comme ça.
-Ouais, pourquoi pas, répondit Georg.
Tom atterrit dans une sorte clairière, où un ruisseau s'étirait de toute sa longueur d'une extrémité à l'autre de l'espace plat. Mais c'e n'était pas cela qu'il regardait. Non. Il venait de voir la chose la plus choquante sur Terre. Sa respiration se bloqua et tout son être se paralysa à la vue. Il reprit ses esprits quelque peu avec grande peine.
-Georg ? Je... Je peux te rappeler plus tard, demanda-t-il, la voix hachée par le choc.
-Bien sûr mais, tu es sûr que ça va, demanda Georg à son tour, remarquant la voix de son ami.
-Ou...Oui je vais bien, ciao.
La connexion fut coupée.
''Bon Dieu mais je rêve ?!'' se dit Tom quatre fois tout en regardant le paysage. Il était juste improbable que cela arrive à lui. Ça ne pouvait juste pas exister, ou alors il était bourré à un tel point qu'il s'imaginait des choses. Ouais c'était sûrement ça... Alors pour se rafraîchir les idées il décida de plonger sa tête dans l'eau froide. Il retira son t-shirt pendant qu'il se mettait à genoux devant le ruisseau, le posa à ses côtés, et enfoui sa tête dans l'eau, en ayant pris la quantité d'oxygène dans ses poumons. Il y resta quelque trente seconde, ressortit de l'eau et replongeai une fois. C'était très froid, mais assez pour le faire revenir sobre. Estimant avoir assez barboté dan le ruisseau, Tom, d'un coup émergea sa tête et la fit partir en arrière, ses cheveux noirs attachés en nombreuses tresses dessinèrent un sillon d'eau dans le ciel avant de tomber violement sur son dos. Après il était sobre, bel et bien sobre il se sentait bien, n'avait pas la nausée, n'était pas d'humeur fêtarde, tout allait bien. Et pourtant quand il tourna la tête vers la cette étrange lumière bleu gris, son visage se décomposa.
Au fond de la clairière, il y avait une machine longiligne qui brillait de cet intense bleu gris qui donnait presque mal aux yeux, presque. Ça avait tout l'air d'un objet volant. Un objet volant non identifié.
Cette réflexion lui donna des sueurs froides.
Devant la machine, il distingua de formes bouger. Elles aussi brillaient d'un bleu plus clair et pâle que la machine. Elles s'approchaient de Tom, mais n'avaient pas l'air de l'avoir vu. Elles étaient silencieuses mais se regardaient parfois. Plus elles était proches plus Tom pouvait les voir avec précision. Le premier choc fut que les corps étaient transparents, du moins la partie extérieure. Il arrivait à voir tout ce qu'il se passait à l'intérieur, absolument tout, dans les moindres détails. Il refusa de s'y attarder.
Artes et Howilt c'étaient placés en face du ruisseau et observaient cette substance qui s'écoulait sans fin. Et ni l'un, ni l'autre ne comprenait le schéma qui se reproduisait sans cesse.
-C'est beau, murmura Artes observant les filaments verts qui pointait vers le ciel.
-Tellement différent, compléta Will. La lune, dit-il en pointant le satellite naturel. Regarde comme elle est proche.
-Mhm, acquiesça sont ami. J'ai hâte qu'on commence l'ét...
-Attends, le coupa son interlocuteur.
Will captait des vibrations de l'air. Et ce n'était ni la brise légère, ni un des autre Horéïtes qui en étaient a cause. C'était un souffle saccadé. Il y avait de la peur, c'était certain. Intrigué, Will chercha la provenance, la trouva rapidement puisqu'elle se trouvait à moins de cinquante mètres.
Les regards se croisèrent pour la première fois. Et la terreur s'empara de Tom. Une telle terreur comme il n'en avait jamais connu. Son téléphone quitta sa main ferme et atterrit sur le sol dans un bruit sourd. Il était paralysé, ne savait pas quoi faire. Sa bouche s'ouvrit prêt à pousser un cri d'effroi. L'être en face de lui l'observait aussi. Mais Tom ignorait totalement que l'autre aussi avait peur. C'était la première fois qu'il voyait un humain. Et il avait peur de la réaction à présent, vu l'état de cette boule de nerfs. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de rencontre. En général cela se passait bien, mais pas cette fois. Et Will ne savait pas quoi faire, se contentant d'observer. Il zooma sa vue sur cet être apeuré.
Tom, n'arrivait pas à y croire, ne voulait croire ses yeux fatigués. Alors, lentement il se bassa et prit son téléphone qui s'était échoué sur l'herbe plus tôt. Il l'ouvrit et photographia le paysage.
Will, s'était rendu compte de ce que l'humain faisait. Et pris de panique, il envoya une sonde mentale, qui chamboulait l'esprit, dans le but de faire perdre connaissance à la victime.
Une forte douleur se fit présente dans le côté droit de son crâne, Tom en hurla, tellement l'intensité était forte. Tout ses muscles ses contractèrent avant de se relâcher d'un coup. Inconscient, Tom s'effondra sur le sol et ne bougea plus.
De loin, Will regarda les jambes de l'humain lâcher sous son poids et tomber par terre. Ses yeux triangulaires noirs écarquillés par la peur.